jeudi 18 décembre 2025

La Reverdie


que pépie
et se pulvérise
la poudre des baisers
où je voudrais
que mon corps
flambe

et qu’il aille à l’amer
dans la salutaire offrande
d’une jouvence chérie

je lui veux
de l’ordalie
la soif
inextinguible

/////////////////

que crépitent
les nuages de sauterelles
des idées noires


Piéça occises qu’elles soient !

mardi 21 octobre 2025

Prière païenne du poème


ennoiement
d’une tasse
dans son nuage
de lait

une lumière
morte
de fleurs
remue sur les toits

que la nuit
du Jadis
brise
sa barque

se poudroie
une paupière
bleuie
de silence

vos vaisseaux
votre beau regret
la fugue
de l’incendie

lundi 7 juillet 2025

Qui suis-je ? : la petite voix intérieure


chacun protège son mystère
toutefois il m’apparait
que je pourrais être un arbre sans racines
au milieu d’une vaste forêt
et qu’à la violence du vent
il me soit loisible
de ne m’accrocher qu’à quelqu’ineptes branches

d’où me vient ce fatras d’imposture
qui semble me constituer
comme si au lieu d’amour
on m’avait arrosé de venin

comme je suis immobile
sous les nuées
je dialogue avec mon fantôme
à qui toute liberté est permise
et qui convoque
la grâce d’une vie
sans anicroches
où le rêve m’octroie la première place
en tout et pour tout

un succès vite pulvérisée (par le retour à la réalité)

mercredi 29 janvier 2025

Méditer


Il y a un effet de vérité de la vague lorsqu'elle se déplace d'un bout à l'autre de la planète. Même ceux qui sont dans le puits de leur téléphonie en conviennent (lorsqu'ils daignent lever la tête afin d'éviter les obstacles).

Elle avance la page de ses milles et une singularité et bien que nous pensons la connaître, nous écoutons le long déchirement de sa vaisselle qui se désolidarise. Ce sont des livres ouverts, dont la saillance des plis donnent au tumulte quelque chose d'obscène et pourtant irrémédiable.

Du cuir bleu et du bruit. Un livre sans fin.

Certains mots débordent depuis l'écume avant de s'enfoncer dans le sable ou s'ensevelissent sous le poids de leurs semblables. Il n'est de dehors que sous les coups de boutoir du vent.

Pourquoi ce compagnonnage ? Ne sommes-nous que des figurants ? Les meilleurs livres sont de prières, de chuchotements ; pourquoi faire "foire" ou beugler tandis que des vagues se superposent quelque part dans l'océan ?

Nous sommes infinitésimales, des grains de sable dans une lessiveuse qui broie à contretemps.

La pluie devrait faire fondre les candidats, qu'ils valdinguent depuis leurs beaux destriers, qu'ils se fractionnent dans la brume qui s'effiloche superbement.





Qui suis-je ? : le poète rendu utile