vendredi 20 septembre 2024

Qui suis-je ?


du condom noué à la base
-tel un boudin-
elles en ont l’obscène dégaine
(une nonchalance encapsulée
non de foutre mais de cacade)

on les retrouve à l’ordinaire
dans les caniveaux
dans la pelouse citadine
près des bouches d’égouts
(du moins sur la lèvre inférieure de celles-ci ;
dans l’attente de la culbute d’un pied vengeur
ou d’une salvatrice ondée) :

si de criardes couleurs les signalent
elles n’en sont pas moins flinguées, avachies
et ce jusque dans le bac à sable du square
où elles gigotent de vent embusqué
(entre tessons de bouteille et mégots mordus)

parfois on suspecte
un certain flottement
auprès de celui ou celle qui tergiverse
au bout de la laisse
soit la honte d’être vu en si peu glorieuse expédition
soit de soutenir -sans rage- la flegmatique prunelle de l’animal
soit qu’il ou elle s’enquière d’expédients afin de se volatiliser au plus vite




la crotte du chien dans son sachet